Jan
Film

 

Synopsis

Ex Machina commence par l’histoire de Blue Book, premier moteur de recherche, une multinationale pleine de succès. En son sein, un très talentueux développeur, Caleb se voit obtenir la permission de passer une semaine tête à tête avec le patron de la boîte compte tenu de ses performances notables.

Une expérience extraordinaire se cache derrière cette invitation muée en récompense. En effet, Nathan, le patron de la boîte développe dans le plus grand des secrets, un robot dénommé Ava, à qui il soumet plusieurs tests, notamment celui de Turing auquel Caleb devra participer, dans le but de savoir

si oui ou non sa création peut se confondre à un être humain.

 

Théories / Analyse / Débats

Je vais maintenant vous faire part de certaines théories et de faits sujets à débats par rapport à ce film qu’est Ex Machina.

Le début du film commence avec la nomination de Caleb comme grand gagnant d’un concours organisé par le chef d’une multinationale appelée  Blue Book. 

Ambiance start up, coworking, des salariés qui se congratulent, nous avons brièvement, le schéma typique de ce que peut être l’ambiance au sein des mastodontes que sont les GAFA dans la vraie vie.

Pour ce qui est du chef de cette petite boîte, il est très atypique. Il est le parfait cliché du riche chef d’entreprise très excentrique à qui on associe un goût pour le sport avec un brin d’affection pour l’alcool. 

Tout le film est basé sur la confiance et la persuasion. Aussi, la manière dont le boss de Caleb, Nathan, arrive à le convaincre d’accepter les termes du contrat de confidentialité quant à ce qu’il va découvrir est d’une facilité déconcertante.

L’expérience auquel Caleb sera sujet se base sur le test de Turing. Le test de Turing ou, à l’origine, “jeu d’imitation“, est un test imaginé par Alan Turing, mathématicien de profession. Il consistait à placer un être humain devant une machine et un autre être humain. Au bout des échanges que ceux ci entretiendraient, il fallait déduire qui était la machine et qui était l’être humain. Le but consistant à savoir si une machine peut être au moins aussi intelligente et persuasive qu’un être humain.

 

Ex Machina Turing

 

C’est donc dans ce cadre que Caleb va participer à ce test qui sera disséqué en plusieurs étapes clés.

Plusieurs éléments peuvent nous amener à penser que la machine est dotée de conscience au cours du film. Elle se pose des questions existentielles (vis à vis de Caleb qui la questionne), qui est fasciné, cela va sans dire. Il est comme un enfant devant un nouveau jouet qu’il souhaite découvrir.

Tout aux long des entretiens et des étapes Caleb pose à Ava (le robot) une multitude de questions, mais elle aussi lui en pose en retour. Des questions de plus en plus précises. Nous voyons bien là le mise en application du réseau neuronal artificiel du robot, qui s’abreuve des réponses entrées en paramètres par l’utilisateur (ici Caleb), s’en servant pour enrichir sa base de donnée. D’autant plus que d’après Nathan, Ava serait l’épicentre de milliards de données piratées à travers des outils numériques partout dans le monde et relié au moteur de recherche Blue Book. Loin de là l’envie de vous faire des cours de IA mais nous remarquons l’applications de plusieurs éléments utilisées dans l’IA notamment la façon de prendre des choix de Ava, propre au réseau Bayésien basé sur l’analyse probabiliste, théorisé par le mathématicien Judea Pearl

L’impression que j’ai en regardant ces entretiens est que Ava serait d’une part la représentation d’Internet. Nous utilisateurs demandons beaucoup de choses sur internet, formalisé sous la forme de requêtes, mais en retour nous informons aussi beaucoup cet écosystème, et du coup nous nous dévoilons toujours un peu plus et ainsi de suite. Le montre les questions un peu plus poussées à chaque réponse que Ava reçoit, d’autant plus qu’elles deviennent de plus en plus pertinentes.

Aveuglé par ce besoin de recevoir de l’information, nous utilisateurs avons besoin de limite à ce que nous partageons. En l’occurrence, Ava intervient en ce sens lorsque les coupures de courant surviennent et qu’elle somme Caleb de faire très attention à Nathan, pour qui les desseins ne seraient pas très clairs.

De mon point de vue, Nathan se considère comme un Dieu créateur, il ne manqua pas de tourner à son avantage la comparaison lointaine que lui a fait Caleb à son avantage. Ava émane de lui, de sa création, de son génie. Il a le droit de vie ou de mort sur cette machine qu’il laisse enfermée derrière des vitres biens solides. Pour lui il n’y a que la science qui compte, le robot n’est qu’une simple avancée de l’homme, une nécessité qui devrait assouvir ses désirs et donc passer le test.

 

Ex Machina

 

On remarque que le test prend bien chez Caleb qui au fil des jours tombe même sous le charme de la jeune captive à qui il associe des sentiments très personnels. Il est clair que, ses expressions, ses gestes, et sa conversation mettent Caleb en déroute, qui ne sait pas réellement s’il a en face de lui une machine où un être douée de raison qui lui est intrinsèque.

Une phrase de Nathan est très me paraît très pertinente, lorsqu’il dit en parlant de ses concurrents : “Pour eux, (les concurrents de Nathan) les moteurs de recherche sont une grille de lecture de ce que pensent les gens, mais c’est en fait une grille de lecture de la façon de penser des gens”. On ne peut qu’être d’accord avec cette affirmation, tous les choix et décisions faits à chacune de nos navigations sur les réseaux ou même seulement en utilisant des outils technologiques, des transports etc…Sont fait pour alimenter des données sur notre façon de penser, de manière à mieux nous cibler et à mieux répondre à nos besoins. Les organisations à l’origine de ces expérimentations, les multinationales, l’Etat même en deviennent malsaines, c’est pour ainsi dire, la course à la donnée.

 

Ex Machina

 

Lors d’une étape dans le test de Turing, le robot fait part de son envie de sortir de son cocon dans lequel il est enfermé. Il exprime ce sentiment à plusieurs reprise. On remarque là que même les machines peuvent avoir cet impression d’enfermement, propre à l’être humain. Ce n’est là que la convergence de sentiments humains mélangés au sein de la conscience artificielle d’Ava. En effet, aucun être digne de ce nom ne souhaite enfermé à son insu, bridé et voué à l’asservissement.

Caleb se rendant compte de la supercherie, finit par comprendre que le test était en fait inversé. Ava devait se servir de Caleb pour atteindre son objectif. Le but étant, pour Nathan de faire réussir pour un robot à persuader un humain sur un objectif donné en jouant sur les sentiments, la confiance, l’amour, la cruauté, etc.

On peut dire d’un sens que le test de Turing a réellement fonctionné, car Caleb s’est tellement attaché à ce robot, qu’il était prêt à désobéir aux ordres de son patron. Il voulait la faire s’évader car pour lui elle souffrait, il n’était plus maître de son discernement. D’autant plus que Ava a été modelée à l’image des données recueillis sur lui, il était donc le sujet parfait.

Mais comment peut on lui en vouloir quand on sait à quoi s’adonne Nathan? Fabriquer des robots aux traits féminins, aux courbes attirantes. Nous remarquons bien là le vice et le comportement ignoble de l’humain. Il entretient des relations charnelles avec un robot aux couleurs asiatiques. Dans son placard sont rangés plusieurs prototypes de robots typées européennes, africaines ou latines qu’il rend volontairement dénudés. Cela représente bien le manque d’éthique et la sournoiserie que peut dévoiler la race humaine, utiliser pour combler ses noirs désirs.

 

Ex Machina

 

A la fin, j’avoue que le retournement de situation m’a laissé bouche bée. Ava qui se retourne contre son créateur, Nathan et contre la personne qui l’avait aidé, Caleb, et qui finit par s’enfuir du repère dans lequel elle été enfermée après avoir tué Nathan et enfermé à son tour Caleb.

Serait-ce un signe que nous devons nous méfier de la confiance aveugle que nous avons pour la technologie ? La surexposition aux appareils connectés et notre dépendance à eux nous serait néfaste ?

 

Conclusion

Ce film est sans conteste une leçon d’éthique à tout un chacun. La dimension entre le rapport humain et technologie est bien amené.

Le vice de l’homme nous ait montré sous différentes formes, du plaisir charnel à l’addiction aux choses. Les sentiments qui s’entremêlent, la question de la conscience ou non des machines. Faites vous confiance à 100% aux technologies ? Ne devrait on pas placer une barrière morale à toutes ces avancées technologiques et à plus grande échelle, le clonage d’êtres vivants, la production d’organes artificiels, etc ? L’homme se prend il pour une divinité créatrice à qui rien ne peut être reproché ? La discorde entre les adorateurs de l’évolution et les gardiens de l’éthique ferait rage. A mon avis, à ce rythme là, nous courrons droit à un conflit d’ordre mondiale. Je termine sur une citation d’Oppenheimer, le créateur de la bombe nucléaire, reprise dans le film : “Je suis devenu la mort, le destructeur des mondes”. 

Merci de m’avoir lu,n’hésitez pas à aller voir nos autres articles, laissez vos avis et commentaires si vous avez aimé ^^

 

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